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Téléphoner à Richard PI

Le soir, Julietta avait préparé des spaghetti al sugo di pomodoro fatto in casa dont on pouvait difficilement décrire le goût umami dont l'acidité avait été coupé par la crème fraîche.

Après ce repas, tandis que Teresa s'allongeait dans le canapé pour contacter Tosca, Jérôme s'isola dans sa chambre pour téléphoner à PI. Il préférait être seul pour ce genre de communication in techno. Il sélectionna le numéro de Richard dans le répertoire de son smartphone et lança l'appel...

— Bonsoir Jérôme, bien reçu ton message, j'attendais ton appel.

— Salut PI, oui merci ; tu as compris que l'affaire prend une tournure positive.

— Oui c'est clair, quelle chance que cette femme ait pu t'obtenir ce capital ; mais au fait ça se monte à combien ?

— Excuses moi de ne pas trop en dire au téléphone, on ne sait jamais qui écoute, mais il y en a pour plusieurs dizaines de millions.

— Formidable ! ne soyons pas paranos, si tout est légal, qu'importe que ça se sache.

— Oui tu as sans doute raison, mais j'ai l'habitude de rester discret sur les sommes engagées, reflexe professionnel probablement.

— OK, mais racontes, comment ça s'est passé ?

— Comme je te le disais dans le rapport que je t'ai envoyé jeudi passé, Teresa Avila Longhi était assez enthousiasmée par le projet et elle pourrait s'engager dans l'affaire. À ce moment, je ne savais pas exactement dans quelle mesure elle participerait, ni son amie Tosca Osborn qui travaille dans la Pub. Elle ma entraîné voir son père à Venise qu'elle pensait susceptible de nous aider à financer le projet. Et en effet, malgré quelques résistances initiales bien compréhensibles suite à mes explications, assez vite — c'était même incroyable comment il s'est décidé si rapidement — il m'annonce qu'il va me confier quelques dizaines de millions.

— Quoi ? il a de telles liquidités disponibles ? c'est pas un peu bizarre ça ? c'est de l'argent sale tu crois ? il n'est pas mafieux par hasard ?

— Non, je ne crois pas ! En fait il m'a expliqué que suite à la chute des marchés lors de la crise, un tas de positions qu'il avait en bourse ont été vendues sur stop et il s'est retrouvé avec un paquet de cash qu'il n'a pas encore trouvé à replacer à cause de l'incertitude actuelle.

— Oui, c'est plausible, oui c'est vrai, c'est bien possible ; mais tu devrais tout de même vérifier l'origine des fonds pour éviter du blanchiment et des emmerdes potentiels.

— Oui, tu as raison, je lui en toucherai deux mots avec diplomatie, tu comprends que je ne veux pas le froisser, il pourrait mal le prendre.

— Oui, mais c'est tout à fait courant dans le secteur de s'assurer de l'origine licite des fonds ; tu peux lui présenter les choses sous cet aspect purement réglementaire.

— Oui bonne idée, mais attends ce n'est pas tout, il donne aussi une belle somme à sa fille pour qu'elle puisse investir dans notre projet.

— Extraordinaire !

— Attends ce n'est pas fini, il me confie également une dizaine de millions que je devrai lui rembourser au double dans un délai de cinq ans.

— Quoi !? mais ça fait du 20% par an, ce n'est pas faisable ! Là il exagère un peu, non ?!

— Non, on ne retire pas chaque année 20% de rendement du capital, au contraire les gains et les dividendes sont investis en supplément, de sorte qu'avec les intérêt composés la performance peut augmenter au prorata de la croissance du capital au fil du temps.

— OK mais ce sera quand même difficile d'atteindre un tel objectif de 100% en fin de compte.

— Justement, je compte sur toi et ton systemPI pour réaliser des gains à deux chiffres...

— Eh minute ! ce système ne fait pas de miracle, il ne fait que mesurer la variation de la variation des prix et indique s'il est préférable d'acheter, de vendre ou de rester neutre dans la tendance et en calculant les zones d'intervention chiffrées pour la séance de bourse suivante... ce n'est pas une martingale !

— Ne soit pas trop modeste, tu sais très bien que ça fonctionne, et même en tendance baissière. On peut gagner dans les deux sens car avec le hedge fund une telle gestion alternative est possible.

— Bon d'accord, mais ce sera un sacré défi.

— À la mesure de nos ambitions, si tu persistes et signes à t'engager dans l'aventure.

— Oui bien sur, je m'y engage et alea jacta est...

— Merci Richard, je savais que je pouvais compter avec toi. Et si Teresa Avila et son amie Tosca nous rejoignent, le monde financier devra affonter cette redoutable bande des quatre.

— Sauf que c'est plutôt le contraire, c'est nous qui allons devoir terrasser le dragon.

— Avec la bénédiction de Saint-Georges ou de Siegfried, c'est selon (rires).
 

— Bon, tu m'as invité à venir à Bruxelles pour se rencontrer, je peux me libérer la semaine prochaine, tu me diras quel jour il faudra que je vienne.

— OK, de retour à Bruxelles j'organise un conseil avec les filles dans le courant de la semaine.

— Tiens à propos, qu'en est-il de ce que tu me disais de Teresa qui aurait remplacé Béatrice ?

— Ah oui ! elle est géniale, y compris au lit, mais je t'assure que c'est elle qui m'a entrepris et, vu la situation avec BB, j'y ai consenti, tu verras lei è così speciale, è il minimo che possa dire.

— Tu parles italien maintenant, bravo tu apprends vite (rires).

— Non je m'amuse comme elle qui parsème sa conversation d'expressions en italien.

— Amusant, très amusant...

— OK, comme on a dit, je t'indiquerai le jour et l'endroit de la rencontre. Je verrai pour te loger.

— Entendu, sinon j'irai à l'hôtel.

— Mais justement nous sommes à l'hôtel Métropole, si tu veux je t'y réserverai un chambre.

— Oui, parfait, ça facilitera les choses.

— Salut PI, je t'embrasse. Ciao !

— Salut KA, moi de même. Bye !

 Hôtel Métropole

Note : les parties de texte soulignées sont des liens vers une autre page.

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