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 5000 jobs go as banks crash

La faillite de Lehman Brothers

La faillite de Lehman Brothers († 2008) fut le point d'orgue de la crise des subprimes, c'est-à-dire des lumpens emprunts hypothécaires. Cette gigantesque escroquerie s'est développée à partir de l'époque où s'effondrent les twin towers du World Trade Center de New-York le 11 septembre 2001. On ne mentionne jamais le coût financier de ce désastre immobilier estimé à un milliard de dollars, les média ayant préféré mettre l'accent sur le coût humain des 2750 victimes, somme toute équivalente à l'hécatombe des accidents de circulation sur les routes du monde entier au cours d'un seul week-end de Pâques, ironie de la résurrection.

Depuis un similaire ground zero, d'habiles financiers avaient bâti une tour de dettes et une tour jumelle de titres associés, pour en intégrer les risques ainsi dissimulés. Les prix de l'immobilier étant inversement proportionnels aux taux d'intérêt, leur essor n'avait eu aucun obstacle, sinon la quantité de pauvres aveugles à dépouiller de presque rien, pour escroquer de leur superflu une quantité de riches avides.

Ce truc qui a troqué des immeubles surévalués contre des emprunts sans valeur, a construit une bulle dont l'ampleur dépasse toutes les précédentes bulles financières, depuis la stupéfiante Tulipomanie référence à la crise des bulbes de tulipe. Cette fois, ce ne sont pas quelques pauvres types qui ont braqué des banques, mais ce sont des banques qui ont braqué une masse de pauvres types.

La politique de taux d'intérêt très bas avait été mise en œuvre à l'époque par le "Maestro", président de la Federal Reserve, la banque centrale des États-Unis d'Amérique. La baisse des taux directeurs de la FED avait créé une inflation de la masse monétaire qui ne savait plus où s'investir pour se cloner comme des pucerons.

 Les Taux directeurs aux USA et en Europe

Les Taux directeurs aux USA et en Europe
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Le cycle économique qui contient cette histoire récente commence 30 ans auparavant par la rupture des accords de Bretton Woods en 1971. Le système financier international de Bretton Woods fondé en juillet 1944, était une réaction contre les dévaluations concurrentielles et le protectionnisme qui régnaient entre les deux guerres mondiales. Les traités instituant le Fonds Monétaire International (FMI) et la Banque Internationale pour la Reconstruction et le Développement (BIRD ou Banque mondiale) avaient pour but d’instaurer un commerce mondial sans barrières et avec de faibles fluctuations des changes.

Dans ces accords le dollar des États-Unis devait être la monnaie mondiale de référence, liée à un étalon de change-Or dont le prix a été fixé à 35 dollars l’once troy d'Or fin. Les États-Unis se sont donc engagés à acheter et à vendre leurs dollars à ce prix dans le monde entier. Les parités de change des autres monnaies ont été fixées par rapport au dollar, et les autres instituts d’émission monétaire se sont engagés à stabiliser leur monnaie conformément aux cours fixés.


 Bretton Woods Monetary Conference

Cependant, les accords de Bretton Woods n'ont instauré aucun contrôle sur la quantité de dollars émis, par conséquent les États-Unis avaient la possibilité de ne pas respecter leurs engagements envers les comptes extérieurs, de sorte que progressivement la quantité de dollar dans le monde a dépassé toute proportion. Les pays exportateurs ont accumulé des réserves de change en dollars qui leur permettaient autant d'émissions dans leur propre monnaie, alimentant une inflation grandissante. En Allemagne, le taux d'inflation au début des années 70 était tel, que la Deutsche Bundesbank mit fin aux accords de Bretton Woods en cessant de mettre en œuvre ses dispositions.

Précédemment, après avoir fait procéder à plusieurs conversions de dollars en Or pour maintenir la pression sur les États-Unis, le général français Charles de Gaulle raidit sa position dans sa conférence de presse du 4 février 1965 où il propose le retour aux principes de l'étalon Or. Déjà dans les années 60, le général de Gaulle avait fait procéder par la Marine nationale au rapatriement de la part de l'Or de la Banque de France déposé à New York auprès de la Banque fédérale de réserve, pour assurer la pleine maîtrise de la France sur ses propres réserves. Au début des années 70, de plus en plus de demande de remboursement des dollars en Or, affluent à la FED qui voit diminuer ses encaisses-Or.

Le 15 août 1971, le président des États-Unis annonce dans un discours à la nation : « J'ai donné l'instruction à M. John Connally, secrétaire au Trésor, de suspendre temporairement la convertibilité du dollar (en Or) ». (vers le discours en version originale)

Cela fait 40 ans que dure cette mesure temporaire de protectionnisme en contradiction flagrante avec le prétendu libéralisme affiché. Mais ce n'est pas toute la conséquence, les conséquences devrait-on dire, de cette décision dont on a pas encore mesuré tous les effets dévastateurs...

La dévaluation du dollar de quelques 10 % en fut la conséquence immédiate et prévue, car la décision de laisser flotter le dollar signifiait de facto de déprécier le dollar par rapport aux autres devises et une fois enclenché, le jeu de l'offre et de la demande sur le marché des changes, la dévaluation du dollar en était le résultat inévitable. Alors que Nixon dit « I am determined that the American dollar must never again be a hostage in the hands of international speculators », il cède le terrain aux cambistes qui constituent le coeur de la spéculation internationale. Au contraire de défendre la stabilité du dollar, Nixon fait exactement l'inverse et proclame urbi et orbi la dévaluation du dollar.

La conséquence pour le commerce mondial est que la monnaie de ses échanges vient brusquement à changer négativement de valeur !  Or il y a pléthore de dollar dans le monde et en particulier ceux que l'on appelle les pétrodollars, non parce que ces billets verts soient devenus noirs, mais parce qu'ils ont payé le pétrole aux pays producteurs et exportateurs qui ne savent plus quoi en faire. Après quelques années où on tergiversa, de premiers accords en 1973 mirent fin au système des changes fixes et à la mise en place d'un système de changes flottants. Les changes flottants n'ont pas été un choix technique réfléchi de longue date et le résultat du consensus des économistes, mais une solution de facto.

En réaction à la dévaluation du dollar, les pays exportateurs de pétrole se concertent au sein de leur organisation : l'OPEP cartel fondée en 1960 et provoquent un embargo à la faveur de la guerre du Kippour en 1973. La principale revendication porte sur le prix du pétrole qui finit par être multiplié par quatre dans l'aventure. En 1975, Le roi Fayçal paiera de sa vie ce camouflet à l'égard des pays consommateurs de pétrole et des États-Unis en particulier. Il sera assassiné par un neveu pour "une histoire de famille".

Mais ce n'est pas tout, la consommation de pétrole continue de plus belle tout en étant payée plus cher. Les pétrodollars ne savent plus où se placer et les banques cherchent des débouchés pour ces gigantesques liquidités. C'est à cette époque que ...

à suivre ...


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